Ne commence pas par une liste d’adjectifs
« Ton chaleureux, moderne, inspirant » ne suffit pas. Ces mots sont trop faciles à interpréter différemment. Avant de définir une voix, pose trois éléments :
- le public à qui tu t’adresses ;
- le problème que tu l’aides à résoudre ;
- la personnalité que tu veux rendre perceptible.
Ta charte n’invente pas une stratégie. Elle transforme une stratégie de marque existante en gestes répétables.
Les six blocs d’une charte éditoriale utilisable
1. La promesse éditoriale
Écris une phrase qui résume l’effet que tes contenus doivent produire.
Exemple : « Après nous avoir lus, les entrepreneurs comprennent quoi faire ensuite, même quand le sujet est complexe. »
Cette promesse permet de trancher : un contenu très brillant mais inutile à la décision n’est pas aligné.
2. Les principes de ton
Choisis trois contrastes, pas dix adjectifs. Par exemple :
- direct, jamais brutal ;
- expert, jamais jargonneux ;
- énergique, jamais hystérique.
Pour chacun, définis ce que cela signifie et l’erreur à éviter. Une personne qui écrit doit pouvoir utiliser ces règles sans interprétation hasardeuse.
3. Le vocabulaire de marque
Crée trois listes :
- les mots que la marque emploie naturellement ;
- les mots qu’elle explique si elle doit les utiliser ;
- les mots qu’elle bannit.
Les mots bannis ont beaucoup de valeur. Ils empêchent le retour automatique de phrases comme « solutions innovantes sur mesure » ou « accompagner votre transformation ». Si tu peux remplacer une phrase par celle d’un concurrent sans qu’elle change de sens, elle ne t’appartient pas.
4. Les règles de phrase et de rythme
Précise le niveau de langage, la longueur des phrases, le tutoiement ou vouvoiement, l’usage des anglicismes, des emojis, des questions, des parenthèses et des points d’exclamation.
L’objectif n’est pas de robotiser les textes. C’est d’éviter que chaque format reparte de zéro.
5. Les règles par support
La même voix s’adapte, elle ne se répète pas au mot près.
- Page de vente : claire, rassurante, orientée preuve.
- Post social : plus rythmé, une idée forte, une prise de position.
- Email client : simple, humain, précis sur la prochaine action.
- Support ou réclamation : calme, factuel, responsable.
Écris pour chaque support l’objectif, le niveau de familiarité et ce qui est interdit.
6. Les exemples avant / après
Une règle non illustrée sera réinterprétée. Documente au moins dix transformations.
Avant : « Nous proposons un accompagnement personnalisé pour répondre à vos besoins. »
Après : « On clarifie ce qui bloque ta marque, puis on construit les repères qui rendent ton offre évidente. »
Le deuxième exemple est plus spécifique, plus actif et plus proche d’une promesse réelle.
La mini-charte à copier dans Notion (ou ton outil de gestion préféré)
- Nous parlons à : …
- Nous aidons à : …
- Après nous avoir lus, la personne doit : …
- Nos trois principes de ton : …
- Mots que nous privilégions : …
- Mots que nous évitons : …
- Tutoiement / vouvoiement : …
- Ce que nous ne promettons jamais : …
- Une phrase qui sonne juste : …
- Une phrase qui ne nous ressemble pas : …
Vérifie la voix sur les moments difficiles
Retire ton logo d’un post. Quelqu’un qui te connaît peut-il reconnaître la marque ? Puis teste cette même voix sur un refus commercial, une erreur de livraison, une objection de prix et une annonce importante. Une voix de marque utile ne disparaît pas quand la situation devient moins glamour.
À lire aussi
Ta charte découle de la personnalité de marque et complète le guide général de l’identité de marque. Pour voir le principe en action, lis le cas Monoprix.